Repas à 1 € pour tous : un acquis étudiant sur fond de démantèlement de l’enseignement supérieur
La généralisation du repas à 1 € dans les Crous constitue une avancée sociale arrachée par les mobilisations. Une victoire nécessaire, mais largement insuffisante face à l’ampleur de la crise que traverse l’enseignement supérieur et la recherche, frappés par le sous-investissement et l’austérité budgétaire.
Si la crise du Covid avait levé le voile sur la réalité de la précarité étudiante, le sujet n’a depuis cessé d’être d’actualité. La précarité est même devenue une caractéristique consubstantielle à la période des études.
En 2025, selon une enquête de l’Ifop, 34 % des étudiant·es déclarent sauter régulièrement des repas faute d’argent. Près de la moitié des étudiant·es vivent avec moins de 100 € de reste à vivre par mois après paiement du loyer et des charges, les forçant à réduire leurs portions ou à modifier leurs menus au profit de recettes moins coûteuses. 16 % ont recours à l’aide alimentaire en raison de leur situation.
Cette insécurité matérielle chronique du monde étudiant rendait particulièrement urgent, voire indispensable, le débat sur la généralisation du repas à 1 € pour toutes et tous dans les Crous.
Nous nous félicitons de la volonté du Premier ministre d’intégrer, sous la contrainte, cette mesure au budget de la Nation.
Cependant, elle ne saurait être à la hauteur de la crise que traverse le monde étudiant. Seul un revenu étudiant pour toutes et tous, au-dessus du seuil de pauvreté, pourrait pleinement garantir la sécurité matérielle et alimentaire des étudiantes et étudiants.
Par ailleurs, cette mesure ne saurait masquer le sous-investissement chronique subi par l’enseignement supérieur et la recherche dans le projet de budget pour 2026. Alors que 54 universités sur 75 sont en situation de déficit, et que le corps enseignant comme les présidents d’université, de façon inédite, ne cessent d’alerter sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve l’enseignement supérieur, il est plus que temps d’agir.
Il est plus que temps de s’organiser pour défendre une université gratuite et ouverte, et pour mettre fin à la précarité étudiante.
Pour cela, l’UEC revendique :
- la création d’un revenu étudiant au-dessus du seuil de pauvreté, financé par une nouvelle branche de la Sécurité sociale ;
- la construction de 350 000 logements afin que l’ensemble des boursiers et boursières puissent se loger à tarification sociale ;
- l’augmentation des dotations attribuées à l’enseignement supérieur et à la recherche.