Droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers : un tri social inacceptable

En 2019, le gouvernement a franchi un cap en instaurant le plan « Bienvenue en France », qui, derrière une rhétorique d’attractivité internationale, a introduit une rupture majeure avec le principe d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur. En imposant des droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers, il a assumé une logique de tri social et national, transformant l’université en marché et les étudiants en clients solvables. Face à cela, de nombreuses universités avaient refusé d’appliquer ces mesures.

Aujourd’hui, à l’heure où se prépare le budget 2026, le gouvernement persiste et durcit cette orientation. Philippe Baptiste, ministre de l’ESR, choisit d’imposer ces frais différenciés, passant en force contre les résistances. Il acte un choix politique clair, celui d’une université inégalitaire, mise en conformité avec les logiques du marché et se refermant sur elle-même. Cette politique exclut une partie de la jeunesse mondiale et fait d’elle une variable d’ajustement budgétaire.

Cet acte s’inscrit dans un contexte de grand déficit au sein des universités, qui n’est rien d’autre que la conséquence directe de politiques d’« autonomie » imposées et sous-financées. Faire payer les étudiants extra-communautaires est une impasse. 

De plus, après la suppression des APL pour ces étudiants, cela ne fera que renforcer leur précarité. L’accumulation de mesures crée des sas de pauvreté et laisse vulnérable une partie de la population étudiante. En 2024-2025, un étudiant sur six dans les universités françaises était international, d’après l’agence Campus France. Parmi eux, 40 % déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins essentiels, contre 16 % des Français, estimait l’Observatoire de la vie étudiante en 2023.

Les étudiantes et étudiants étrangers ne sont pas une charge pour la France mais un maillon essentiel de la production scientifique nationale. En les traitant comme des flux à trier, c’est trahir l’exigence même d’un service public du savoir, ouvert, universaliste et fondé sur la coopération. En les excluant nous renonçons à ce que l’université soit un lieu d’accueil, de partage et de construction collective des connaissances.

Paris, le 5 mai 2026

Parti communiste français

Union des étudiants communistes