CROUS : Le repas à 1 euro, oui. La casse du personnel, non !
Depuis le 1er mai, les étudiantes et étudiants peuvent bénéficier du repas à 1 euro dans l’ensemble des restaurants universitaires. Mesure qui s’inscrit dans la continuité des politiques menées pendant la crise sanitaire et arraché par des mobilisations des organisations étudiantes dont l’UEC.
Elle répond à une réalité, lorsque l’alimentation devient une dépense impossible à assumer, c’est la capacité à étudier dans de bonnes conditions qui est elle-même compromise. Mais derrière cette avancée, une autre réalité s’impose : celle de personnels des CROUS auxquels on demande toujours davantage, sans leur donner les moyens nécessaires.
Sous-effectifs, emplois précaires, intensification du travail : depuis plusieurs années les personnels du CROUS alertent sur leurs conditions de travail. Le 2 avril dernier, ils étaient près de 1000 agents de la restauration universitaire à se mettre en grève pour dénoncer une généralisation du repas à 1 euro qu’ils jugeaient insuffisamment accompagnée en moyens humains et financiers.
Pourtant le gouvernement avait annoncé 50 millions d’euros en 2026 pour accompagner cette réforme, notamment par des créations d’emplois, seulement 204 nouveaux emplois débloqués sur toute la France. Notre question est donc simple : ou sont les moyens permettant de répondre réellement à l’augmentation de la fréquentation ?
Nous refusons que les personnels et les étudiantes et étudiants soient opposés, les files d’attentes, les fermetures de restaurants, ainsi que la dégradation des conditions de travail ne sont pas la conséquence du repas à 1 euro, mais bien celle de choix politique qui visent à demander aux services publics de faire toujours plus avec des moyens financiers et humains qui ne cessent de diminuer ou de ne pas répondre à la hauteur des enjeux.
L’UEC revendique des recrutements pérennes à la hauteur des besoins, la titularisation des personnels précaires, le refus de la cédéisation, l’augmentation des salaires et un financement intégral du repas à 1 euro par l’État pour ne pas mettre en danger le réseau des œuvres universitaires et scolaires.
Nous voulons un CROUS capable d’assurer ses missions de services publics vis-à-vis des étudiants dignement et de faire travailler ses personnels dignement. Parce que la précarité des étudiants ne doit jamais être combattue au prix de la précarité des travailleurs.